Une année de structuration sportive

La saison 2014 / 2015 vient de toucher à son terme et force est de constater encore une fois que, malgré les espoirs et les quelques ambitions affichées, cet exercice a été l’occasion d’être déçu, voire frustré. Mais au delà du terrain, c’est sur les grandes modifications internes que j’aimerai vous amener.

Entendons-nous bien, finir 5e derrière Chelsea, les Manchester et Arsenal est loin d’être dégueulasse comme résultat. Décevant certes, mais plus qu’honorable. La problématique de cette saison, comme les précédentes, c’est qu’il a fallut encore redéfinir les bases d’un projet sportif après l’échec cuisant André Villas-Boas et l’intermède chaotique de Tim Sherwood. Cette situation qui dure depuis 3 ans et aura amené le départ de pas mal de joueurs importants et de membres du staff commence à taper sur le système de tout le monde, supporters en tête évidemment.

Pour autant, il faut prendre un peu de recul et s’intéresser à ce qu’il se passe en coulisses. La saison 2014 / 2015 a encore été le théâtre des profonds changements opérés par Daniel Levy au sein du club. L’inauguration de la Lilywhite House (nouveau bâtiment accolé à White Hart Lane pour accueillir le siège social) et le feu vert pour le lancement des travaux du nouveau stade témoignent physiquement de cette évolution. Le président continue, par petites touches, de professionnaliser le club et c’est peut-être là finalement qu’il faut trouver la plus grande satisfaction de la saison. L’arrivée de Paul Mitchell en novembre après plusieurs mois de tractations est un des gros tournants de l’évolution structurelle de l’entité sportive, la dotant d’une vraie cellule de recrutement avec une philosophie et surtout une vision globale aussi bien du groupe actuel que des recrues potentielles.

Une autre arrivée beaucoup moins médiatisée (voire pas du tout) est celle de Rebecca Caplehorn en tant que « Directrice des Opérations Football » depuis mars. Et si je vous en parle, c’est justement qu’elle est très représentative de la transformation de Tottenham. Les opérations du football – comprendre la gestion financière de l’équipe professionnelle dont font partie les transferts – étaient jusqu’alors la chasse gardée de Levy, qu’il a partagé un peu avec Franco Baldini à son arrivée. Après avoir intronisé l’italien comme Directeur Technique (le 1er depuis le départ de Comolli, Redknapp ayant occupé un rôle global durant son passage), puis Mitchell, puis Caplehorn, la véritable transformation du club tient en la nouvelle place de son président. Omnipotent pendant une décennie sur la gestion sportive du club, le Président s’éloigne de plus en plus de cette responsabilité pour la laisser à des spécialistes, et c’en est presque surprenant pour un homme qui est réputé pour son besoin de tout vouloir contrôler. Probablement aussi que Daniel Levy n’acceptait plus trop les nombreuses critiques à son encontre, surtout dans le domaine du sportif.

Tout cela pour conclure que oui, sur le terrain la saison fût frustrante. Mais avec le futur stade, la très bonne santé financière du club malgré les gros investissements déjà effectués, la nouvelle direction, l’énorme potentiel de ce groupe de joueurs encore très jeune, tous les voyants sont au vert pout être optimiste sur l’avenir de ce club. Et on ne pourra pas reprocher à cette nouvelle philosophie de bafouer la devise du club : Audere Est Facere (Oser c’est faire).

 

Catégories : Édito

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