Tottenham v Leicester : 1-1 ( PL #10 ) Analyse du « cas » Wanyama

 5 matchs, 73 tirs, 3 buts, 2 penalty ….

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Mauricio Pochettino a dit un jour « We need to be more clinical » Si si je vous jure il l’a dit …


Hé, c’est qu’il est lucide le Maurice, mais l’accumulation de match nul commence quelque peu à rendre ce discours difficile à avaler. Le problème c’est qu’il n’a jamais autant eu sa place qu’après le match face à Leicester hier à White Hart Lane. Le coach argentin a souligné une « good performance » ceux en quoi il n’a pas tord, la copie étant quand même plus aboutie que face à Bournemouth, ainsi que la nécessité de rester « positive » et « strong ». Et là encore on ne peut que lui donner raison. Céder à la frustration serait la pire des choses, et même si quelques uns crient à la guillotine contre certains joueurs, tout cela se réglera en interne. Il n’est pas vraiment du style de Pochettino de se laisser aller à pareils commentaires en public.

Néanmoins une réponse est attendue, à l’orée d’une semaine déjà charnière. Et ça commence mercredi face à Leverkusen dans un Wembley soit disant maudit en coupe européenne.


Une attaque en bern(e)

Mais pour l’heure attardons nous sur le match qui nous intéresse aujourd’hui, le CHOC face au champion en titre, Leicester. Comme exprimé auparavant l’attaque des Spurs est toujours aussi frustrante et bien que quelques centimètres auraient pu changer totalement le contenu de cette review, nous allons surtout nous intéresser aux causes de cette animation offensive morose.

Quoi ? Vous voulez un résumé ? OK !                                                                                                                                                 Tir à côté, faute, tir, tir, barre, faute, faute, tir à côté, péno, BUT, Victor oublie son cerveau, BUT, faute, faute, tir à côté, barre, tir à côté, fin. En gros c’est ça …bern

LOOOOOOOOL


En effet plutôt qu’un récit des actions du match, qui ne le cachons pas, ressemblent à tant d’autres avant, nous allons nous focaliser sur un point évoqué la semaine dernière, le cas Victor Wanyama.

Le Kenyan est un roc et un vrai poison lorsqu’il s’agit de gêner la construction adverse, le match face à City en est une preuve incontestable. En revanche quand l’équipe est vouée a créer le jeu et a bouger le bloc adverse ses lacunes tactiques sont un vrai frein au système tout entier. Avec lui les Spurs sont une excellente équipe de réaction mais pas d’action. Il en est de même du système de Pochettino, plutôt basé sur des dogmes défensifs et qui a ainsi besoin de polyvalence chez ses joueurs pour ne pas se contenter de réagir face à l’adversaire. A l’image d’un Eriksen qui est le joueur qui court le plus sur le terrain (en terme de distance) mais aussi l’un des meilleurs créateurs du championnat, Eric Dier a cette faculté à être le mur qui protège la défense, tout en étant la catapulte qui lance les « systèmes » (oui j’aime le moyen âge et le basket).

Pour commencer, mettons en image ce dont nous parlions la semaine dernière, à savoir le placement de l’ami Victor.

            wany-bad-1  wany-bad-2

D’abord, le mauvais exemple. Sur une phase simple de construction (1ere image), Dembele bloqué sur la gauche revient dans l’axe et transmet à Verthongen qui cherche une solution. Problème, Wanyama, ici entre Vardy et Okazaki, propose une solution dangereuse, puisque exposée au pressing de Drinkwater ou King dans son dos, mais aussi dos au jeu et quand on connait la qualité de contrôle du Kenyan on donne le ballon ailleurs. En l’occurrence à Dier, sauf que le bloc des Foxes glisse bien, Vardy presse le défenseur avec une course courbé (fermant l’angle Verthongen) tandis que Musa bloque la solution Walker le long de la touche. Le jeune anglais tente alors de transmettre à Eriksen ( 2e image ) dos au jeu et parfaitement chassé par King. Dans le même temps Drinkwater se charge de Wanyama (bien trop haut, mais on y reviendra) et Musa bloque toujours Walker. Le danois n’a aucune solution et cède sous le pressing, laissant la gonfle à Leicester.

Ensuite, le bon exemple, vu 2-3 fois durant le match …

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Ici Wanyama redescend au niveau des défenseurs centraux, dans une position d’arrière droit. Première chose que l’on remarque, au lieu d’avoir seulement Vardy côté Spurs, on a désormais Okazaki, et surtout Musa qui a dû lâcher Walker pour venir presser le kenyan. On retrouve ainsi une configuration assez proche de ce que l’on a lorsque Dier redescend entre Alderweireld et Verthongen. Malgré le bon travail du trio d’attaquant Foxes, un surnombre est désormais créer sur l’aile droite. Andy King est obligé de monter sur Eriksen, cassant la ligne King-Drinkwater. Walker est seul et offre une solution de relai au danois si Wanyama le cherche, de même un jeu en triangle avec Dembele puis Walker est tout à fait possible. Sur cette action précise le kenyan choisit de joué en 1 contre 1 face à Musa puis de fixer Okazaki pour donner à Dembele qui va renverser le jeu à gauche. Deux passes plus tard Rose est aux abords de la surface adverses, en mesure d’adresser un bon centre (c’est Rose faut pas déconner). Car comme vu plus tôt le surnombre créé à droite à forcer le bloc et notamment le duo King-Drinkwater à quelque peu délaisser le côté opposé. Mahrez devant presser Dembele, le belge peut transmettre au latéral anglais, avec le relai de Verthongen.

Autre exemple de la (mauvaise) influence de Wanyama sur la construction.

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Ici Wanyama est encore sur la même ligne que Dembele, facilitant le travail de pressing de King et Drinkwater (tous deux autour du rond central). Walker peut prendre le risque de se retourner pour repartir de l’autre côté mais s’expose au pressing d’Okazaki sur lui-même et de Vardy sur Dier. Il tente alors une passe longue mais derrière c’est le 1 contre 1 ou le 2 contre 1 puisque Musa peut aider Fuchs sur l’aile.

Plus de passes … derrière

En manque de solution dans l’axe les défenseurs ont ainsi beaucoup usé des latéraux pour se sortir du pressing adverse. J’ai comparé les « touches » réalisé lors de ce match à celui de l’année dernière où Dier accompagné Carroll dans le double pivot du milieu. Il en est ressorti un statistiques qui, je trouve, traduit bien l’incapacité de Wanyama à proposer des solutions. Les Spurs ont réalisé environ 60 touches de plus que l’année précédente (723 contre 660). Outre la traduction d’un rythme de transmission plus faible, il est a noté que la défense (les 2 centraux et latéraux) ont eux réalisé 82 touches de plus que l’année dernière, 70 rien que pour les latéraux. Autrement dit, toutes les touches réalisées en plus de l’année dernière ont été effectué par la défense et plus précisément par Walker et Rose. On constate aussi que Rose a eu tendance a touché ses ballons plus bas que Davies l’année passée.

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2016/2017                                                           2015/2016

Enfin un dernier point qui me chafouine (oui je suis chafouin). Comme évoqué plus haut, Wanyama joue trop haut.

                           wanyama-2016 dier-2015

Wanyama (2016/2017)                                              Dier (2015/2016 )

Outre le fait qu’il ne redescende pas pour aider à la relance, il vient aussi « coller » ses milieux offensifs facilitant encore une fois le travail adverse. Les Foxes n’ont ainsi pas besoin d’étirer leurs lignes et il est quasi impossible de trouver des joueurs comme Alli ou Son entre les défenseurs. Pire en cas de nécessité de revenir derrière le seul relai « sécurisé » est un défenseur permettant au bloc adverse tout entier de remonter.

eriksen-axe

Sur cette action, si Eriksen ne trouve pas de solution vers l’avant, la seule passe possible est vers Dier, puisque Verthongen est pris par Vardy hors de l’image.


Alors cette analyse est loin d’être exhaustive mais le fait est que la titularisation de Victor Wanyama au milieu de terrain pose de nombreux problèmes. Et bien que les exemples présentés ici soient tous issu du même match, ce schéma se reproduit à chaque rencontre (nous en avions déjà parlé face à Bournemouth). De même, la méforme de Son, l’absence de Kane qui libère beaucoup d’espace pour Alli, et le manque de précision sur les centres (1/25 hier) sont autant de facteurs influençant la réussite offensive de l’équipe.

Seule la vérité du terrain compte, et les prochains matchs nous diront si le manque d’imagination de Tottenham est directement lié à la composition de son double pivot. Vous connaissez déjà mon avis 😉

 

hk-jesus

Ou alors, une intervention divine …

Les notes de la communauté :

Pour voter lors de prochains matchs rendez vous sur le Forum ou sur la page Twitter (@SpursFR)

Hugo Lloris (6.5) : Il pâtit comme beaucoup d’autres de la frustration des supporters, il ne peut rien sur le but et réalise un match propre dans l’ensemble.

Kyle Walker (6.5) : Une boule d’énergie jusqu’à la fin, il doit marquer deux joueurs sur le but des Foxes et réalise trop tard que Musa est derrière lui.

Eric Dier (6) : Son meilleur match en défense depuis longtemps, présent dans le jeu aérien et à la relance, sa vitesse à aussi.

Jan Verthongen (6.5) : Le retour de SuperJan ? Pas d’erreur, un bon jeu long, il touche la barre en fin de match.

Danny Rose (7) : Particulièrement vivace sur son côté il a constamment tenté d’apporter le danger.

Victor Wanyama (3.5) : comme vu précédemment c’est la copie moyenne de trop.

Mousa Dembele (6) : Le belge a été au four et au moulin pendant tout le match devant souvent compenser les errements de son camarade au milieu, manque un poil plus de verticalité.

Christian Eriksen (5.5) : Le danois est un artiste, pas un magicien, sans mouvement devant lui il ne peut rien, il lui a aussi manqué son seul vrai partenaire technique, Lamela.

Dele Alli (5.5) : Encore une copie très moyenne, trop de grigris … de nombreux coups francs obtenus mais un jeu trop stéréotypé.

Heung Min Son (3) : Il semble complètement cramé, et une fois de plus disparait du mach bien trop souvent.

Vincent Janssen (6) : Un but et un travail de sape phénoménal, à la lutte avec deux golgoths il est passé près du doublé sur belle frappe en pivot puis sur CF. Un match référence pour lui

George-Kevin N’Koudou (6.5) : Une entrée tardive mais le jeune français a du feu dans les jambes, attention tout de même au déchet et a ne pas s’enfermer dans un jeu trop direct.

Harry Winks (non noté) : Le jeune anglais se contente (encore) du « garbage time », propre, il aurait pu faire chavirer le stade avec un meilleur timing sur un centre de dernière minute.

 

Lien des highlghts: http://www.fullmatchesandshows.com/2016/10/29/tottenham-hotspur-vs-leicester-city-highlights-full-match-3/4/

 

 

 

Catégories : Match

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